Pèlerinages, paix et présence
Saint du jour
Sainte Mariam de Jésus Crucifié
Née en Galilée en 1846, Mariam Baouardy, sainte Marie de Jésus Crucifié, fut une carmélite palestinienne arabophone à la vie mystique exceptionnelle. Après avoir vécu en France et en Inde, elle revint en Terre sainte et joua un rôle décisif dans la fondation du Carmel de Bethléem, dont elle dirigea elle-même une partie des travaux. Elle mourut à Bethléem en 1878, à seulement 32 ans, et fut canonisée par le pape François en 2015. Sa mémoire liturgique locale est célébrée le 25 août.
الملخص
شهدت الكنائس المسيحية في لبنان والأرض المقدسة خلال الأيام الأخيرة سلسلة من المبادرات التي تجمع بين الصلاة والتمسّك بالحضور المسيحي. ففي أيطو أُقيمت ثلاثية صلاة واحتفالات بمناسبة ذكرى نذور القديسة رفقا ضمن اليوبيل الخامس والعشرين لإعلان قداستها، مع مسيرة بذخيرتها وقداديس وسجود للقربان. وفي الديمان دعا البطريرك الماروني الكاردينال بشارة الراعي إلى لبنان موحّد، ودولة قوية وسلام وعدالة. وفي القدس بدأت زيارة تضامن للكاردينال الألماني راينر ماريا فولكي إلى الأرض المقدسة، للتعبير عن القرب من الجماعات المسيحية المتأثرة بالأزمة. وبين لبنان وبيت لحم، تذكّر القديسة مريم بواردي بأن بقاء المسيحيين في الشرق ليس مسألة سياسية فقط، بل حياة صلاة وجماعة وذاكرة.
Article
Ces derniers jours, l’actualité chrétienne du Proche-Orient s’est moins écrite dans les chancelleries que dans les sanctuaires.
Au monastère Saint-Siméon d’Aitou, au Liban, plusieurs journées de prière ont entouré l’anniversaire des vœux religieux de sainte Rafqa, dans le cadre du jubilé des vingt-cinq ans de sa canonisation.
Messes, témoignages, chants, procession avec la relique de la sainte et adoration eucharistique ont rythmé les célébrations. La soirée précédant la mémoire de ses vœux a notamment réuni les fidèles autour d’une procession puis d’une messe présidée par l’évêque maronite de Tripoli, Mgr Youssef Soueif.
Ce calendrier religieux rejoint une préoccupation beaucoup plus vaste : comment maintenir une présence chrétienne vivante au Liban ?
À Dimane, le patriarche maronite Béchara Boutros Raï a demandé dans son homélie que le pays retrouve unité, paix, justice et un État suffisamment fort pour servir réellement la population.
Son message revient à une conviction ancienne du patriarcat maronite : la survie des chrétiens ne peut pas être séparée de celle d’un Liban capable de fonctionner comme État et comme société commune.
Un peu plus au sud, la Terre sainte reçoit parallèlement une visite de solidarité du cardinal allemand Rainer Maria Woelki.
Le Patriarcat latin de Jérusalem présente son déplacement comme un geste de proximité avec les communautés chrétiennes frappées par la crise humanitaire et par les difficultés croissantes pesant sur leur présence dans la région. Une messe au Saint-Sépulcre figure parmi les premières étapes du programme.
Le rapprochement entre ces événements est révélateur.
À Aitou, on porte les reliques d’une sainte libanaise.
À Jérusalem, un cardinal étranger vient manifester sa solidarité.
À Dimane, le patriarche demande qu’un État puisse encore protéger ses citoyens.
Et à Bethléem, la mémoire de Mariam Baouardy rappelle qu’une chrétienté orientale ne se maintient pas seulement grâce aux déclarations internationales.
Elle se maintient parce que des communautés continuent à prier, former des religieux, célébrer les sacrements, construire des monastères et transmettre des histoires locales de sainteté.
Mariam Baouardy en fournit presque le symbole parfait.
Palestinienne, arabophone, carmélite, voyageuse entre Orient et Occident, elle revint finalement participer à l’implantation d’un Carmel à Bethléem. Cent cinquante ans plus tard, cette fondation demeure un lieu vivant de la présence catholique locale.
Le mot qui relie donc le mieux ces nouvelles est probablement demeurer.
Demeurer au Liban.
Demeurer à Jérusalem.
Demeurer à Bethléem.
Non pour transformer les chrétiens d’Orient en pièces de musée, mais pour permettre à leurs Églises de continuer à produire autre chose que des souvenirs.
Note culturelle
Sainte Rafqa et sainte Mariam Baouardy sont deux grandes figures féminines du catholicisme oriental moderne.
La première appartient profondément à l’histoire maronite libanaise ; la seconde à la Terre sainte et au Carmel. Leur popularité montre que le christianisme arabe contemporain possède désormais ses propres figures de sainteté modernes, connues bien au-delà de leurs communautés d’origine.
Sources
Noursat / Télé Lumière — programme de la triduum d’Aitou en l’honneur de sainte Rafqa et du jubilé de sa canonisation.
Noursat — homélie du patriarche maronite Béchara Raï sur le Liban, l’État et la paix.
Patriarcat latin de Jérusalem — visite de solidarité du cardinal Rainer Maria Woelki en Terre sainte et messe au Saint-Sépulcre.
Patriarcat latin de Jérusalem — histoire du Carmel de Bethléem fondé par sainte Mariam Baouardy.
Pour aller plus loin
Nouvelles catholiques arabes : Rome, Jérusalem, Gaza et les chrétiens d’Orient
Gaza : le cardinal Pizzaballa au milieu des ruines
Gaza : pourquoi le Vatican parle d’abord de droit humanitaire
Ces trois articles permettent de replacer les événements actuels dans la question plus large de la présence chrétienne au Proche-Orient, sans répéter exactement l’angle du présent article.
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Les chrétiens d’Orient pourront-ils durablement demeurer sur leurs terres si leur présence n’est pensée qu’en termes patrimoniaux ou géopolitiques ?
Les sanctuaires d’Aitou, de Jérusalem et de Bethléem rappellent qu’une présence chrétienne reste d’abord une communauté vivante.
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