Mgr Aldo Berardi a parcouru dix paroisses et deux cathédrales du Koweït, de Bahreïn, du Qatar et d’Arabie saoudite afin de soutenir une Église presque entièrement composée de travailleurs immigrés.
Saint du jour
Saint Pierre Chrysologue, évêque et docteur de l’Église
Pierre Chrysologue naquit à la fin du IVe siècle et devint évêque de Ravenne. Il exerça son ministère dans une période marquée par les controverses doctrinales et l’affaiblissement de l’Empire romain d’Occident.
Ses sermons se distinguent par leur brièveté et leur sens des images. Il insistait sur le lien entre la prière, le jeûne et la charité, trois pratiques qui ne peuvent porter pleinement leur fruit lorsqu’elles sont séparées les unes des autres.
Il mourut vers 450 dans sa ville natale d’Imola.
Résumé en arabe
اختتم المطران ألدو بيراردي، النائب الرسولي لشمال شبه الجزيرة العربية، سلسلة زيارات رعوية شملت عشر رعايا وكاتدرائيتين في الكويت والبحرين وقطر والمملكة العربية السعودية. وهدفت الزيارات إلى الإصغاء إلى المؤمنين وتعزيز الوحدة ودعم رسالة الكنيسة في منطقة تتكوّن فيها الجماعات الكاثوليكية أساسًا من العمّال والمهاجرين القادمين من آسيا وأفريقيا والشرق الأوسط. وفي كنيسة القلب الأقدس في البحرين، منح المطران سرّ التثبيت لـ155 مؤمنًا وبارك مزارًا للعذراء مريم يضم التمثال الذي استُخدم خلال قداس البابا فرنسيس التاريخي سنة 2022. وتكشف هذه الزيارات واقع كنيسة حيّة ومتعددة اللغات، لكنها تبقى مرتبطة بأوضاع قانونية واجتماعية هشة. فهل يمكن الانتقال من السماح بممارسة العبادة إلى اعتراف أعمق بالمؤمنين بوصفهم أعضاء دائمين في مجتمعات الخليج؟
Article
Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique d’Arabie du Nord, a achevé une série de visites pastorales auprès des communautés catholiques du Koweït, de Bahreïn, du Qatar et d’Arabie saoudite.
Au cours du premier semestre de 2026, l’évêque a visité dix paroisses et deux cathédrales. Il souhaitait rencontrer les fidèles, écouter leurs difficultés et renforcer la coopération entre des communautés séparées par les frontières, les langues et les conditions particulières imposées au culte chrétien.
Le vicariat apostolique d’Arabie du Nord ne ressemble guère à un diocèse européen. La grande majorité de ses catholiques ne possède pas la nationalité du pays où elle réside. Les fidèles viennent principalement des Philippines, d’Inde, du Sri Lanka, du Liban, de plusieurs pays africains et d’autres régions du monde.
Une même paroisse peut ainsi accueillir des célébrations en anglais, arabe, tagalog, malayalam, tamoul, konkani, cinghalais ou français. L’Église locale est moins structurée par un territoire historique que par les déplacements internationaux du travail.
Cette réalité manifeste l’universalité catholique de manière presque expérimentale. Des personnes qui n’auraient probablement jamais partagé la même église dans leur pays d’origine se retrouvent autour du même autel dans le Golfe.
Mais cette diversité ne doit pas être idéalisée. Les horaires de travail, l’éloignement des lieux de culte, la dépendance envers l’employeur et la précarité du statut de résident rendent la pratique religieuse difficile pour une partie des travailleurs.
La liberté de culte varie également selon les pays. Bahreïn, le Koweït et le Qatar disposent d’églises officiellement reconnues et accueillent de grandes célébrations publiques dans des espaces déterminés. En Arabie saoudite, la situation demeure beaucoup plus restrictive, même si des évolutions prudentes semblent se dessiner.
La visite pastorale prend alors une importance particulière. Dans un diocèse ordinaire, la venue de l’évêque peut être un événement ponctuel inscrit au calendrier. Dans le Golfe, elle rappelle à des communautés dispersées qu’elles appartiennent à une Église visible et qu’elles ne sont pas seulement des groupes tolérés à la périphérie de la société.
Mgr Berardi a consacré une partie de ses rencontres à l’écoute des fidèles, des prêtres et des responsables paroissiaux. Il les a invités à renforcer leur relation avec le Christ par l’eucharistie et à témoigner de l’Évangile dans leurs familles, leurs lieux de travail et leurs communautés.
À l’église du Sacré-Cœur de Bahreïn, il a conféré le sacrement de confirmation à 155 personnes. Ce nombre témoigne d’une transmission active de la foi, même si une partie de ces confirmés quittera peut-être le pays quelques années plus tard.
L’évêque a également béni un sanctuaire marial accueillant la statue utilisée lors de la messe célébrée par le pape François pendant son voyage à Bahreïn en 2022. Cette visite pontificale avait donné une visibilité exceptionnelle aux catholiques de la péninsule Arabique.
Le vicariat a en outre ouvert une année jubilaire marquant le huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise. La référence franciscaine possède une résonance particulière dans la région.
En 1219, François rencontra le sultan al-Malik al-Kamil en Égypte au milieu de la cinquième croisade. L’épisode est devenu un symbole du dialogue possible entre chrétiens et musulmans, sans nier les profondes différences de foi.
Dans les monarchies du Golfe, le dialogue interreligieux bénéficie volontiers d’un soutien officiel. Des conférences sont organisées, des responsables religieux sont reçus et de nouveaux lieux de culte ont parfois été construits.
Ces avancées sont réelles, mais elles doivent être examinées avec mesure. Le dialogue entre institutions ne garantit pas toujours la liberté quotidienne des personnes. Une belle rencontre internationale ne résout pas nécessairement la situation d’une employée domestique qui ne peut quitter son lieu de travail pour assister à la messe.
L’avenir de l’Église dans le Golfe dépend donc aussi du droit du travail, de la protection des migrants et de leur capacité à mener une vie familiale stable.
Une communauté composée presque uniquement de résidents temporaires vit dans une fragilité permanente. Chaque crise économique, chaque modification de la politique migratoire et chaque rupture diplomatique peut entraîner le départ rapide de milliers de fidèles.
Ces catholiques contribuent pourtant à la construction, aux soins, à l’enseignement, aux transports, à l’hôtellerie et au fonctionnement quotidien des villes du Golfe. Leur présence religieuse ne devrait pas être considérée comme un détail privé sans rapport avec leur contribution sociale.
La mission de Mgr Berardi consiste à maintenir l’unité entre ces peuples de passage. Il ne dispose pas d’une population catholique enracinée depuis des siècles dans les mêmes villages, mais d’un archipel humain renouvelé au gré des contrats de travail.
Cette Église possède cependant une force singulière. Elle démontre qu’une paroisse peut naître ailleurs que dans la continuité d’une population locale. Elle peut surgir là où des étrangers se rassemblent, prient ensemble et deviennent progressivement responsables les uns des autres.
Le véritable progrès consisterait désormais à passer de la simple autorisation du culte à une reconnaissance plus complète de ces communautés. Une chapelle est nécessaire, mais elle ne suffit pas. Les fidèles ont aussi besoin de temps, de sécurité juridique et d’une dignité professionnelle permettant à leur foi de ne pas demeurer enfermée entre les murs du sanctuaire.
En parcourant les paroisses d’Arabie du Nord, Mgr Berardi n’a donc pas seulement accompli une tournée administrative. Il a relié les îlots d’une Église sans territoire propre, mais qui rassemble probablement l’une des communautés catholiques les plus internationales du monde.
Note culturelle
La dévotion à Notre-Dame d’Arabie s’est développée au Koweït dans les années 1940. Une statue de la Vierge fut bénie par Pie XII en 1949, puis Notre-Dame d’Arabie fut proclamée patronne des deux vicariats apostoliques de la péninsule.
La cathédrale Notre-Dame d’Arabie, consacrée à Bahreïn en 2021, est l’une des plus grandes églises catholiques de la région. Elle fut visitée par le pape François en novembre 2022.
Sources
Vicariat apostolique d’Arabie du Nord : site officiel
Vicariat apostolique : histoire et dévotion à Notre-Dame d’Arabie
Pour aller plus loin
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Les monarchies du Golfe peuvent-elles passer de la tolérance du culte chrétien à une véritable reconnaissance sociale des communautés immigrées ? Une Église composée de travailleurs temporaires peut-elle s’enraciner durablement ?
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