Réunis à Ankawa autour du thème de la mission, de jeunes chrétiens irakiens ont reçu l’encouragement du pape Léon XIV. Dans un pays marqué par les guerres, l’exil et l’instabilité, leur simple présence devient déjà un témoignage.
Saints du jour
Sainte Anne et saint Joachim, les grands-parents du Christ
La tradition chrétienne reconnaît en Anne et Joachim les parents de la Vierge Marie et les grands-parents de Jésus. Leur vie n’est pas racontée dans les Évangiles canoniques, mais leur mémoire s’est profondément enracinée dans les Églises d’Orient comme d’Occident.
Originaires de la Terre Sainte, ils représentent la transmission silencieuse de la foi au sein de la famille. Leur fête rappelle que l’histoire du salut passe aussi par des parents, des grands-parents et des maisons où l’on apprend à prier avant même de savoir lire.
الملخص
اجتمع شباب مسيحيون من مختلف أنحاء العراق في عنكاوا للمشاركة في لقاء روحي حول الرسالة المسيحية. وشجعهم البابا لاون الرابع عشر على أن يكونوا نور المسيح وصانعي سلام في بلد ما زال يعاني آثار الحروب وعدم الاستقرار والهجرة.
Article
Dans les discours occidentaux, le christianisme irakien apparaît souvent comme une réalité condamnée à disparaître. On parle des églises détruites, des familles parties en Europe, des villages vidés et des persécutions de l’organisation État islamique. Cette histoire est réelle, mais elle n’est pas toute l’histoire.
Du 8 au 11 juillet 2026, des jeunes chrétiens venus de différentes régions d’Irak se sont réunis à Ankawa, dans l’archéparchie d’Erbil. Le thème choisi était simple et exigeant : la mission.
Le pape Léon XIV leur a adressé un message vidéo dans lequel il les a invités à devenir la lumière du Christ dans un pays blessé. Il leur a rappelé que les jeunes ne sont pas seulement l’avenir de l’Église, mais qu’ils en sont déjà le présent.
Cette phrase prend une force particulière en Irak. Une grande partie de la jeunesse chrétienne est confrontée à une question douloureuse : faut-il rester ou partir ? Rester signifie affronter le chômage, l’incertitude politique, les tensions communautaires et parfois l’absence de perspectives. Partir signifie souvent laisser derrière soi une langue, un rite, un village et une mémoire familiale plusieurs fois millénaire.
Le rassemblement d’Ankawa ne prétendait pas résoudre cette contradiction. Il voulait cependant rappeler que les jeunes chrétiens irakiens ne sont pas seulement les survivants d’une catastrophe. Ils peuvent encore être des acteurs de la vie de leur Église et de leur pays.
Dans son message, le pape a insisté sur la prière quotidienne, la confession et l’Eucharistie. La mission chrétienne, a-t-il expliqué, ne commence pas par l’activisme, mais par une rencontre personnelle avec le Christ.
Cette insistance est importante. Dans les sociétés fragilisées par la guerre, la tentation est grande de réduire l’Église à une organisation humanitaire ou à un organisme de défense communautaire. Ces missions sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. L’Église demeure d’abord une communauté qui prie, célèbre et transmet une espérance que la politique ne peut pas produire.
Léon XIV a également demandé aux jeunes de devenir des artisans de paix. Dans un Irak traversé par les divisions ethniques, religieuses et politiques, cette vocation ne relève pas du slogan. Elle se vit dans les écoles, les universités, les familles, les associations et les relations quotidiennes entre chrétiens, musulmans, yézidis et membres des autres communautés.
Les chrétiens d’Irak ne représentent plus qu’une petite minorité de la population. Leur influence ne dépend donc pas du nombre. Elle tient à leur capacité à maintenir des écoles, des œuvres sociales, des hôpitaux, des paroisses et des espaces de dialogue.
Ankawa est devenue l’un des principaux centres de cette continuité chrétienne. La ville accueille de nombreuses familles déplacées de Bagdad, de Mossoul et de la plaine de Ninive. On y trouve des églises chaldéennes, syriaques catholiques, assyriennes et arméniennes, ainsi que des institutions éducatives et culturelles.
La réunion de juillet manifeste donc une Église encore capable de rassembler au-delà des appartenances particulières. Dans un christianisme oriental souvent divisé par les rites et les juridictions, les rencontres de jeunes créent une expérience commune.
Le véritable enjeu commencera cependant après le rassemblement. Une rencontre de quelques jours peut susciter de l’enthousiasme. Il faut ensuite trouver des paroisses accueillantes, des formations solides, des emplois, des responsabilités concrètes et des raisons de demeurer au pays.
Le christianisme irakien ne survivra pas uniquement grâce aux appels venus de Rome ou aux aides internationales. Il survivra si une nouvelle génération parvient à croire qu’elle possède encore une mission sur cette terre.
Les jeunes réunis à Ankawa n’ont peut-être pas résolu leur avenir. Mais en priant, en chantant et en se retrouvant, ils ont posé un acte simple : ils ont refusé d’être seulement les derniers témoins d’un monde disparu.
Note culturelle
Ankawa, aujourd’hui intégrée à l’agglomération d’Erbil, est l’un des grands centres du christianisme irakien. Sa population est principalement chrétienne et appartient notamment aux Églises chaldéenne et syriaque. Après 2014, la ville a accueilli de nombreuses familles chassées de Mossoul et de la plaine de Ninive.
La langue liturgique de plusieurs de ces communautés est le syriaque, héritier de l’araméen. Dans certaines familles, cette langue demeure encore parlée sous différentes formes modernes.
Sources
- Vatican News, « Pope to Iraqi youth: Be Christ’s light and hope in a wounded world », 8 juillet 2026
- Patriarcat chaldéen de Babylone
- Archéparchie chaldéenne d’Erbil
- Œuvre d’Orient
Pour aller plus loin
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Les jeunes chrétiens d’Irak peuvent-ils encore construire leur avenir dans leur pays, ou l’émigration est-elle devenue inévitable ? Partagez votre réflexion dans les commentaires et abonnez-vous à Baraka des Saints pour suivre l’actualité et la mémoire du christianisme dans le monde arabe.
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