La 20e Dreikönigswallfahrt s’achève ce 27 septembre au cœur de la cathédrale. Entre communautés de 27 langues, réfugiés, jeunes en adoration et pèlerinage traditionnel au reliquaire des Mages, Cologne tente de montrer qu’un vieux sanctuaire peut encore produire une Église vivante
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🇩🇪 Zusammenfassung
Vom 23. bis 27. September 2026 feiert der Kölner Dom die zwanzigste Dreikönigswallfahrt. Tausende Pilger kommen zum Schrein der Heiligen Drei Könige, doch das Programm zeigt eine überraschend vielfältige Kirche: Geflüchtete und ihre Unterstützer, muttersprachliche Gemeinden, ökumenische Gäste, Jugendliche und traditionelle Pilgergruppen begegnen sich unter demselben Dach.
Im Erzbistum Köln leben rund 350.000 Katholiken anderer Muttersprachen. Für sie bestehen 43 muttersprachliche Gemeinden in 27 Sprachen und zehn Riten. Die Wallfahrt stellt daher eine wichtige Frage: Kann ein mittelalterlicher Reliquienschrein im säkularisierten Deutschland weiterhin ein Ort sein, an dem neue Formen katholischer Zugehörigkeit entstehen?
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Article
Un pèlerinage né en 2006 qui fête ses vingt ans
Du 23 au 27 septembre 2026, le Kölner Dom accueille la vingtième édition de sa Dreikönigswallfahrt, le grand pèlerinage autour du reliquaire des Rois mages. Des milliers de personnes sont attendues pendant cinq jours autour d'un programme mêlant messes, processions, rencontres, prière œcuménique et rassemblements de groupes très différents.
Le choix de Cologne semble presque évident tant le reliquaire des Mages appartient à l'identité de la cathédrale. Pourtant, le pèlerinage annuel sous sa forme actuelle n'existe que depuis 2006. En vingt ans, il est devenu un rendez-vous stable de la vie du Dom et tente désormais d'utiliser un patrimoine médiéval immense pour répondre à des réalités très contemporaines.
Une cathédrale médiévale remplie de langues différentes
L'un des chiffres les plus intéressants concerne les catholiques issus de communautés linguistiques étrangères. DOMRADIO indique qu'environ 350 000 catholiques d'autres langues maternelles vivent dans l'archidiocèse de Cologne. Quarante-trois communautés leur sont destinées, utilisant 27 langues et dix rites.
La messe internationale du 26 septembre traduit concrètement cette diversité. Des chorales italiennes, espagnoles, polonaises, croates et ukrainiennes participent à la célébration. Cela signifie qu'au cœur d'une Église allemande souvent décrite uniquement à travers sa diminution numérique, une autre réalité apparaît : une part croissante de sa pratique dépend aussi de catholiques venus d'ailleurs.
Les réfugiés entrent dans le pèlerinage
Le programme de cette vingtième édition ne sépare pas non plus complètement pèlerinage et accueil des nouveaux arrivants. Le samedi après-midi, un office de l'Aktion Neue Nachbarn rassemble réfugiés et personnes engagées auprès d'eux dans la cathédrale.
Le symbole est particulièrement fort puisque le lendemain, 27 septembre, l'Église universelle célèbre précisément la Journée mondiale du migrant et du réfugié. Le message de Léon XIV pour 2026 est consacré aux enfants et adolescents déplacés. À Cologne, cette question mondiale prend donc une forme locale : certains de ceux qui arrivent comme migrants ou réfugiés deviennent aussi membres des communautés catholiques qui font vivre la cathédrale.
Puis, le soir, les jeunes prennent possession du Dom
Quelques heures après la messe internationale, le programme change radicalement d'atmosphère. Une vigile destinée aux jeunes et jeunes adultes se déroule directement auprès du reliquaire sous le titre en anglais « Church, Take Me Back ». La cathédrale est plongée dans une lumière réduite, une formation de worship accompagne la prière, et l'adoration eucharistique se mêle aux chants et aux bougies.
La juxtaposition est presque un résumé de la question liturgique contemporaine. Le reliquaire médiéval ne bouge pas, mais les formes de prière autour de lui évoluent. Cologne ne choisit donc pas entre tradition et modernité : le même sanctuaire accueille procession traditionnelle, liturgies internationales et une vigile utilisant les codes des rassemblements chrétiens contemporains.
Un vieux pèlerinage peut-il devenir un laboratoire missionnaire ?
Cette combinaison mérite davantage d'attention que le simple succès touristique de la cathédrale. Une grande église peut facilement attirer des visiteurs sans produire aucune communauté religieuse. La question posée par la Dreikönigswallfahrt est différente : peut-on transformer la fascination pour un lieu ancien en expérience de foi, de rencontre et d'appartenance ?
Le programme semble précisément construit autour de cette idée. Des enfants, des personnes âgées, des religieux, des couples jubilaires, des réfugiés, des communautés linguistiques et des jeunes ne viennent pas tous pour les mêmes raisons. Le sanctuaire fonctionne alors comme un point de convergence plutôt que comme une communauté homogène.
Le 27 septembre, 704 ans après la consécration du chœur gothique
La journée de clôture ajoute une profondeur historique particulière. Ce 27 septembre marque le 704e anniversaire de la consécration du chœur gothique de la cathédrale. Le cardinal Rainer Maria Woelki doit présider le pontifical du matin, avant les vêpres et la dernière messe de pèlerinage qui clôtureront l'édition 2026.
Le contraste est saisissant. Le chœur appartient au XIVe siècle, le pèlerinage actuel au XXIe, et les communautés qui s'y retrouvent parlent des dizaines de langues. Le catholicisme allemand montre ici ce qu'il peut devenir lorsqu'il cesse de se penser comme une réalité culturellement uniforme.
Les Rois mages eux-mêmes étaient des étrangers
Cette évolution possède même une cohérence biblique inattendue. Le sanctuaire majeur de Cologne est consacré à des hommes venus d'ailleurs. Dans l'Évangile selon Matthieu, les Mages arrivent de l'Orient, suivent une étoile et viennent reconnaître le Christ avant de repartir vers leur pays.
Le grand symbole religieux de Cologne n'est donc pas celui d'une foi enfermée dans un territoire allemand. Il met en scène le voyage, l'étranger et la rencontre. Dans une cathédrale où se rassemblent aujourd'hui Ukrainiens, Polonais, Italiens, Croates ou catholiques venus d'autres continents, cette vieille histoire retrouve une étonnante actualité.
Pourquoi cela compte
La Dreikönigswallfahrt n'efface évidemment pas la crise générale du catholicisme allemand. Les départs de l'Église, la baisse de la pratique et les difficultés de transmission demeurent réels. Mais elle montre que le recul institutionnel ne signifie pas nécessairement disparition de toute capacité de rassemblement.
Cologne suggère plutôt que l'avenir pourrait être beaucoup moins uniforme que le catholicisme allemand d'autrefois. Une Église plus petite peut aussi devenir plus internationale, plus diverse dans ses rites et obligée d'apprendre à réunir dans le même espace des personnes qui n'ont ni la même langue ni la même histoire. Le vieux reliquaire des Mages pourrait alors servir moins à célébrer un passé prestigieux qu'à apprendre à cette Église nouvelle comment voyager ensemble.
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🏺 Note culturelle : pourquoi les Rois mages sont-ils à Cologne ?
La tradition affirme que les reliques des Mages furent transférées de Milan à Cologne en 1164. Leur présence transforma progressivement la ville en l'un des grands centres de pèlerinage de l'Europe médiévale et contribua directement au projet gigantesque de la cathédrale gothique.
Le reliquaire doré, commencé à la fin du XIIe siècle, reste aujourd'hui le centre spirituel de la Dreikönigswallfahrt. Il rappelle que la cathédrale n'a pas été conçue uniquement comme prouesse architecturale, mais comme immense écrin destiné à un pèlerinage.
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📚 Pour aller plus loin
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🔎 Sources
Kölner Dom, programme officiel de la Dreikönigswallfahrt 2026
DOMRADIO, présentation de la 20e Dreikönigswallfahrt
DOMRADIO, messe internationale et communautés linguistiques
DOMRADIO, vigile des jeunes « Church, Take Me Back »
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Les grands sanctuaires anciens peuvent-ils devenir l'un des lieux où se construit une Église allemande plus jeune et plus internationale ?
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