Une maternelle catholique comme oasis de confiance
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🌍 الملخص
في القدس، تدير راهبات الرحمة للقديس شارل بوروميو منذ عام 1989 روضة أطفال تستقبل نحو 140 طفلًا فلسطينيًا تتراوح أعمارهم بين ثلاث وست سنوات. يأتي معظمهم من القدس الشرقية والبلدة القديمة، وغالبيتهم من العائلات المسلمة، بينما ينتمي نحو خُمس الأطفال إلى طوائف مسيحية مختلفة.
لا تهدف الراهبات إلى محو الاختلافات الدينية، بل إلى تعليم الأطفال احترام تقاليدهم وتقاليد الآخرين. فيتعلمون ترانيم الميلاد في ديسمبر، ويصنعون فوانيس رمضان، ويلعب المسلمون والمسيحيون معًا قبل أن تتشكل في أذهانهم صورة «الآخر» كعدو.
بعد أحداث 7 أكتوبر 2023 والحرب التي تلتها، أصبحت هذه المهمة أكثر صعوبة. فالراهبات يؤكدن أن الثقة التي كانت موجودة قد تضررت بشدة، ولذلك يحاولن أن توفر الروضة للأطفال مكانًا يستطيعون فيه أن يعيشوا طفولتهم بعيدًا قدر الإمكان عن منطق الخوف والكراهية.
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🌹 Fête du jour : Notre-Dame du Rosaire
Le 7 octobre, l'Église célèbre Notre-Dame du Rosaire. Cette année encore, la fête prend une résonance particulière en Terre Sainte, trois ans après les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi.
Léon XIV a associé les enfants à la prière pour la paix au début du mois d'octobre. À Jérusalem, cette intention trouve une traduction très concrète : apprendre dès l'enfance que celui qui appartient à une autre religion peut être un camarade et non un ennemi.
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Article
Une école maternelle au milieu d’une ville fracturée
À Jérusalem, les Sœurs de la Miséricorde de Saint-Charles-Borromée dirigent depuis 1989 une école maternelle accueillant environ 140 enfants palestiniens âgés de trois à six ans. La majorité vient de Jérusalem-Est et de la Vieille Ville et appartient à des familles musulmanes. Environ un enfant sur cinq est chrétien, issu de différentes confessions.
À première vue, l'établissement ressemble à beaucoup d'autres maternelles. Les enfants jouent, dessinent, chantent et apprennent les premières règles de la vie collective. Mais dans une ville aussi profondément marquée par les appartenances religieuses et nationales, faire grandir ensemble des enfants musulmans et chrétiens possède une signification particulière.
Les religieuses cherchent précisément à offrir un lieu où la rencontre précède les préjugés.
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Rencontrer l’autre avant d’apprendre à le craindre
L'une des intuitions essentielles du projet concerne l'âge des enfants. C'est pendant les premières années que commencent à se former certaines représentations durables de l'autre. Un enfant qui a joué quotidiennement avec un camarade chrétien ou musulman ne découvre pas cette communauté uniquement par les discours politiques, les images de guerre ou les peurs transmises par les adultes.
La pédagogie de la maternelle ne cherche pas à effacer les différences religieuses. En décembre, les enfants apprennent des chants de Noël. Pendant le Ramadan, ils fabriquent des lanternes et découvrent les traditions de leurs camarades musulmans.
Le message est simple : connaître et respecter la fête de l'autre n'oblige pas à renoncer à sa propre identité.
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Depuis le 7 octobre 2023, la confiance est devenue plus fragile
Sœur Daniela Gabor, supérieure de la communauté des religieuses à Jérusalem, explique que les événements du 7 octobre 2023 et la guerre qui a suivi ont profondément modifié le climat quotidien. La confiance construite au fil des années s'est fragilisée et les peurs se sont renforcées.
Les enfants eux-mêmes ne comprennent évidemment pas tous les enjeux politiques du conflit. Ils perçoivent néanmoins l'inquiétude des adultes, les tensions dans les rues, les sirènes ou les changements de comportement de leurs familles.
L'école doit alors remplir une fonction supplémentaire : préserver un espace dans lequel la peur ne détermine pas entièrement les relations humaines.
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« Chez nous, il y a la guerre »
Lorsque les établissements purent rouvrir après les premières semaines du conflit, les sœurs décidèrent de reprendre leur activité malgré leurs inquiétudes.
Un petit garçon exprima alors très simplement pourquoi il était heureux de revenir à l'école : chez lui, disait-il, il y avait la guerre.
Cette phrase résume presque toute l'utilité de la maternelle. Elle ne peut arrêter aucune armée ni négocier un cessez-le-feu. Mais pendant quelques heures, elle permet à un enfant de retrouver ses camarades, ses jeux et une forme de vie quotidienne.
Dans un contexte de violence, préserver l'enfance devient déjà une mission.
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Les religieuses ont elles-mêmes gardé la porte
La reprise des cours révéla aussi le niveau de tension qui s'était installé. Avant la guerre, l'école employait des gardes arabes. Les religieuses craignirent cependant que leur présence soit mal interprétée dans le climat nouveau et décidèrent pendant un temps d'assurer elles-mêmes la surveillance de l'entrée.
Elles redoutaient notamment la réaction du voisinage israélien au retour quotidien de nombreux enfants arabes.
Selon leur témoignage, la réaction fut au contraire positive : certains voisins furent heureux d'entendre à nouveau les enfants chanter et rire.
L'épisode montre combien la peur peut conduire chacun à anticiper l'hostilité de l'autre. Il montre aussi que la rencontre réelle peut parfois démentir cette attente.
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Une école catholique accueillant surtout des musulmans
L'un des aspects les plus intéressants de cette maternelle tient à sa composition. Il s'agit d'une institution catholique, dirigée par des religieuses, mais la majorité des enfants accueillis appartient à des familles musulmanes.
Cette situation est loin d'être exceptionnelle dans les institutions chrétiennes du Proche-Orient. Écoles, hôpitaux et œuvres sociales catholiques servent souvent une population beaucoup plus large que les seules communautés chrétiennes.
La présence chrétienne ne se mesure donc pas uniquement au nombre de fidèles. Elle se manifeste aussi par des institutions capables de rendre un service à l'ensemble de la société.
À Jérusalem, cette école constitue ainsi une œuvre catholique précisément parce qu'elle accueille largement au-delà des frontières confessionnelles.
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Noël et Ramadan dans la même salle de classe
Le dialogue interreligieux prend ici une forme extrêmement concrète. Les enfants ne participent pas à des colloques sur la coexistence. Ils vivent simplement ensemble.
Les chrétiens célèbrent Noël et leurs camarades musulmans en découvrent les chants. Le Ramadan arrive et l'ensemble de la classe fabrique des lanternes. Chacun voit l'autre se réjouir de ses propres traditions sans que cette différence devienne nécessairement une menace.
Ces expériences peuvent sembler modestes. Elles construisent pourtant des souvenirs personnels qui peuvent résister plus tard aux généralisations.
Le camarade avec lequel on a joué possède un prénom.
Il devient alors plus difficile de le réduire entièrement à une catégorie religieuse ou politique.
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Une « oasis de confiance »
Les religieuses utilisent une expression particulièrement juste pour décrire leur travail : créer des « oasis de confiance ».
Elles savent parfaitement qu'une maternelle ne résoudra pas le conflit israélo-palestinien. Leur ambition est beaucoup plus limitée : empêcher que les enfants vivent dès leurs premières années dans un univers où l'autre est automatiquement associé à la peur.
Une oasis n'est pas tout le désert.
Mais elle permet de vivre au milieu du désert.
L'image décrit assez bien cette école de Jérusalem. La violence demeure autour d'elle, les divisions n'ont pas disparu et les blessures restent profondes. Pourtant, à l'intérieur de quelques salles de classe, une autre relation reste possible.
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Le 7 octobre, le Rosaire et les enfants
La coïncidence du calendrier donne cette année une force particulière à cette histoire. Le 7 octobre, fête de Notre-Dame du Rosaire, est également devenu depuis 2023 une date chargée d'une mémoire tragique.
Au début de ce mois d'octobre, Léon XIV a demandé aux enfants de prier spécialement pour la paix. Lors d'une prière au Vatican, une partie de l'Ave Maria a notamment été récitée en arabe et les intentions ont évoqué les familles de Terre Sainte.
À Jérusalem, la prière pour la paix rencontre donc une réalité très concrète. Il ne suffit pas de souhaiter que les armes se taisent. Il faudra également reconstruire une société dans laquelle les enfants des différentes communautés puissent de nouveau se faire confiance.
C'est précisément le travail discret effectué dans cette maternelle.
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Pourquoi cela compte
Cette histoire ne doit pas être transformée en conte sentimental. Cent quarante enfants ne peuvent pas résoudre un conflit qui dure depuis des générations.
Mais ils permettent de comprendre quelque chose d'essentiel : la haine aussi s'apprend.
Elle se construit par les récits, les images, les peurs et les expériences accumulées. À l'inverse, la confiance peut elle aussi être apprise lorsqu'un enfant découvre concrètement que celui d'une autre religion n'est pas nécessairement son adversaire.
Les Borroméennes interviennent donc à un moment décisif, avant que les catégories politiques ne deviennent totalement rigides. Elles ne demandent pas aux enfants d'oublier leur identité, mais de découvrir celle de l'autre sans immédiatement l'associer à une menace.
Trois ans après le 7 octobre 2023, la petite maternelle de Jérusalem rappelle ainsi que la reconstruction de la Terre Sainte ne concernera pas seulement les bâtiments et les infrastructures.
Il faudra aussi reconstruire la confiance.
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🏺 Note culturelle : qui sont les Borroméennes ?
Les Sœurs de la Miséricorde de Saint-Charles-Borromée appartiennent à une famille de congrégations catholiques engagées notamment dans l'éducation, les soins et les œuvres de charité.
À Jérusalem, leur présence illustre une caractéristique ancienne du christianisme oriental et des congrégations présentes en Terre Sainte : maintenir une identité chrétienne forte tout en développant des œuvres accessibles à des familles appartenant à d'autres religions.
Leur maternelle est ainsi simultanément catholique par son inspiration et interreligieuse par la population qu'elle accueille.
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📚 Pour aller plus loin
Pizzaballa : « La Terre sainte est pour tous »
Le patriarche latin de Jérusalem y développe l'idée qu'aucun peuple ne peut construire durablement son avenir en niant l'existence de l'autre.
Terre Sainte : Dieu ne combat dans aucune armée
Un prolongement sur la difficulté de résister à la transformation de la religion en justification absolue d'un camp contre l'autre.
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🔎 Sources
Vatican News, 5 octobre 2026
The Borromean Sisters in Jerusalem sow the seeds of peace
Reportage sur les 140 enfants accueillis, la présence majoritaire d'enfants musulmans, le travail éducatif des religieuses et les difficultés apparues depuis octobre 2023.
Vatican News, octobre 2026
Reportage sur la prière des enfants pour la paix à l'occasion du mois du Rosaire et sur les intentions consacrées notamment à la Terre Sainte.
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Peut-on préparer la paix dès l'école maternelle ?
Une telle expérience ne remplacera jamais les décisions politiques nécessaires. Mais apprendre très tôt que le musulman ou le chrétien d'en face peut être un camarade avant de devenir une catégorie politique constitue déjà une manière de préparer l'avenir.
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