La dernière fonderie de cloches perpétue un savoir-faire vieux de trois siècles
SAINT DU JOUR
Le 13 octobre, les Églises d’Orient commémorent notamment saint Carpe de Pergame, avec saint Papyle et leurs compagnons.
RÉSUMÉ EN ARABE
في بلدة بيت شباب اللبنانية، تواصل عائلة نفّاع صناعة أجراس الكنائس منذ نحو ثلاثة قرون. ويُعدّ مشغلها آخر مسبك للأجراس الكنسية في لبنان. يصنع نفّاع نفّاع وابناه نحو خمسة وعشرين جرسًا سنويًا، فيما يستعد الابن الأكبر شاربل لمتابعة الحرفة العائلية. تحمل الأجراس أسماء صانعيها والرعايا التي طلبتها، فتغدو سجلًا لذاكرة الكنائس والقرى اللبنانية.
ARTICLE
À Beit Chabab, dans les montagnes du Liban, le travail d’une famille accompagne depuis des générations la vie des paroisses. La famille Naffah fabrique des cloches d’église depuis près de trois siècles. Son atelier est aujourd’hui le dernier centre de production de cloches d’église au Liban.
Dans un reportage publié le 12 octobre, le Guardian raconte le travail de Naffah Naffah, 57 ans, et de ses deux fils. L’atelier produit environ vingt-cinq cloches par an, dont la plupart sont destinées à des églises libanaises. La fabrication est lente : il faut près de deux mois pour préparer les moules, graver les motifs puis couler le bronze.
Chaque cloche porte la marque de celles et ceux qui l’ont façonnée, ainsi que parfois le nom de la paroisse qui l’a commandée. Certaines pièces anciennes reviennent à l’atelier pour être réparées. Elles gardent les noms des artisans de la famille et témoignent de la continuité d’un métier transmis de père en fils.
L’histoire familiale se confond avec celle du village. Beit Chabab compte six églises, et les cloches rythment encore les offices et les jours de fête. Elles rappellent aussi la présence de communautés chrétiennes dans les villages libanais, notamment dans les régions touchées par les conflits et l’isolement.
Le fils aîné, Charbel, doit reprendre l’atelier. Son frère Youssef, étudiant en médecine, aide lui aussi son père. La famille espère ainsi préserver un savoir-faire rare, mais aussi une mémoire locale inscrite dans le bronze : celle des artisans, des paroisses et des générations qui ont entendu sonner ces cloches.
SOURCES
POUR ALLER PLUS LOIN
L’Orient-Le Jour — Beit Chabab, au son des cloches des églises
Baraka des saints — Le patriarche Elias Hoyek et le Grand Liban
NOTE CULTURELLE
Le nom « Naffah » est associé dans le reportage à l’idée d’une personne habile ou efficace. À Beit Chabab, la fonderie rappelle que le patrimoine religieux se transmet aussi par des métiers, des gestes et des sons partagés au quotidien.
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